Macha Petina
Genres :
Voix Jeune adulte femme, Voix Adulte femme
Tonalité :
Aiguë, Medium, Grave
Langues parlées :
Portugais, Russe
Accents :
Europe centrale (polonais, tchèque, hongrois, etc.), Russe
Doublage
Voix
Documentaire
Terra (de Yann-Arthus Bertrand et Michel Pitiot - Voix russe)
Publicité
Rouge Allure - Chanel (Voix russe)
Formation
Ecole Régionale d'Acteurs de Cannes (ERAC)
Cours Florent
Académie Théâtrale de Saint-Pétersbourg
Cours Florent
Académie Théâtrale de Saint-Pétersbourg
Langues
Russe : langue maternelle
Français : bilingue
Portugais : courant
Français : bilingue
Portugais : courant
Interview
R.S : Bonjour Macha.
M.P : Bonjour Reynald. Merci de m’accueillir.
R.S : Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir comédienne ?
M.P : Cela remonte à mon enfance : d’abord un plaisir ludique d’être les personnages de mon imaginaire, ensuite une émotion très forte ressentie lorsque j’ai joué en public pour la première fois et que j’ai vu la salle respirer, rire, s’émouvoir avec moi. Ce pouvoir grisant m’a semblé être un immense cadeau et, à partir de ce moment, je voulais absolument en être digne.
R.S : Vous avez été formée à l’ERAC, au Cours Florent et à l’Académie théâtrale de Saint-Pétersbourg : qu’est-ce que chacune de ces écoles vous a apporté artistiquement ?
M.P : Le Cours Florent a été la première formation théâtrale que j’ai suivie en France. Nous étions nombreux et il fallait presque se battre pour pouvoir présenter son travail au professeur. Du coup, j’ai appris que monter sur scène était un privilège qui se méritait par un travail acharné et qu’il n’y avait pas de place pour "l’à-peu-près".
Ensuite, mon professeur m’a conseillé de passer les concours pour intégrer une école nationale.
J’ai eu la chance d’être admise à l’ERAC. C’étaient trois années de bonheur, de doutes, d’échecs et de vraies réussites. Nous travaillions avec des intervenants très différents. Certains étaient très exigeants avec mon accent. Aujourd’hui, je les remercie chaleureusement, car leur apparente dureté m’a ouvert des portes par la suite, sans me cataloguer comme "Russe". L’ERAC donne tous les moyens pour que l’on trouve sa personnalité artistique, son univers, sa base artistique.
C’est ainsi que j’ai ressenti le besoin d’approfondir mon travail sur le corps et l’émotion à l’Académie théâtrale de Saint-Pétersbourg. C’était très intense : il existe une tradition russe qui consiste à comparer l’acteur à un soldat. D’ailleurs, on dit "servir au théâtre" et non travailler. On ne s’arrête pas tant qu’on n’a pas trouvé "la vérité". Je mets cette expression entre guillemets, car parfois on cherche même pendant les représentations et, vers la fin, on commence à peine à la toucher du doigt.
R.S : Y a-t-il une différence de méthode entre la formation française et la formation russe du jeu d’acteur ?
M.P : Traditionnellement, on met en avant les émotions et le corps lorsqu’il s’agit des acteurs russes, tandis qu’on souligne chez les comédiens français une exceptionnelle maîtrise de la diction et une approche plus cérébrale qui devient émotion. Ce n’est pas faux, mais cela dépend également du parcours de l’artiste.
R.S : En quoi votre parcours multiculturel influence-t-il votre manière d’interpréter un personnage ?
M.P : Très sincèrement, je ne le sais pas exactement. Peut-être est-ce davantage lié à mon vécu, à la chance ou à la malchance d’avoir traversé des moments difficiles en Russie. En fait, cette double culture fait désormais tellement partie de moi que je ne sais plus toujours comment elle se répercute sur mon jeu.
R.S : A quel moment le doublage s’est-il imposé dans votre parcours de comédienne ?
M.P : Je jouais au Petit Montparnasse avec un formidable comédien, Gabriel Le Doze. Ceux qui le connaissent savent à quel point c’est une personne solidaire, toujours prête à aider. Gabriel m’a présentée à Philippe Carbonnier, de Dôme Productions, qui m’a prise sous son aile. J’ai commencé à travailler régulièrement avec lui. Ensuite, j’ai eu la chance de travailler avec d’autres directeurs artistiques que j’admirais beaucoup. Certains ont commencé à une époque où la technique ne pouvait pas les aider comme aujourd’hui. À la moindre erreur, il fallait tout recommencer.
R.S : Comment parvient-on à transmettre une émotion sincère tout en respectant les contraintes de synchronisation ?
M.P : En fait, j’essaie d’être au maximum dans les yeux du personnage, c’est très important pour moi. Après, il y a des doublages où c’est une telle évidence que l’on a l’impression d’être vraiment le personnage, d’être soi-même dans le plan, et parfois c’est plus laborieux. Personnellement, je trouve que le doublage enrichit énormément notre propre jeu d’acteur : on côtoie parfois des caractères qui n’ont rien à voir avec ce qu’on pourrait nous proposer en vrai.
R.S : Quels sont vos loisirs ?
M.P : J’écris. Je suis fière de vous annoncer que ma pièce "Federico, Fellini" a reçu le prix de la fondation "Slovo". Actuellement, je développe un scénario dont l’histoire se déroule en partie en Islande.
J’ai fait de la danse et j’aime me perfectionner régulièrement lors de stages de danse ou de théâtre physique. C’est un vrai plaisir.
R.S : Merci beaucoup Macha.
M.P : Merci beaucoup Reynald.
Interview de juin 2026
M.P : Bonjour Reynald. Merci de m’accueillir.
R.S : Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir comédienne ?
M.P : Cela remonte à mon enfance : d’abord un plaisir ludique d’être les personnages de mon imaginaire, ensuite une émotion très forte ressentie lorsque j’ai joué en public pour la première fois et que j’ai vu la salle respirer, rire, s’émouvoir avec moi. Ce pouvoir grisant m’a semblé être un immense cadeau et, à partir de ce moment, je voulais absolument en être digne.
R.S : Vous avez été formée à l’ERAC, au Cours Florent et à l’Académie théâtrale de Saint-Pétersbourg : qu’est-ce que chacune de ces écoles vous a apporté artistiquement ?
M.P : Le Cours Florent a été la première formation théâtrale que j’ai suivie en France. Nous étions nombreux et il fallait presque se battre pour pouvoir présenter son travail au professeur. Du coup, j’ai appris que monter sur scène était un privilège qui se méritait par un travail acharné et qu’il n’y avait pas de place pour "l’à-peu-près".
Ensuite, mon professeur m’a conseillé de passer les concours pour intégrer une école nationale.
J’ai eu la chance d’être admise à l’ERAC. C’étaient trois années de bonheur, de doutes, d’échecs et de vraies réussites. Nous travaillions avec des intervenants très différents. Certains étaient très exigeants avec mon accent. Aujourd’hui, je les remercie chaleureusement, car leur apparente dureté m’a ouvert des portes par la suite, sans me cataloguer comme "Russe". L’ERAC donne tous les moyens pour que l’on trouve sa personnalité artistique, son univers, sa base artistique.
C’est ainsi que j’ai ressenti le besoin d’approfondir mon travail sur le corps et l’émotion à l’Académie théâtrale de Saint-Pétersbourg. C’était très intense : il existe une tradition russe qui consiste à comparer l’acteur à un soldat. D’ailleurs, on dit "servir au théâtre" et non travailler. On ne s’arrête pas tant qu’on n’a pas trouvé "la vérité". Je mets cette expression entre guillemets, car parfois on cherche même pendant les représentations et, vers la fin, on commence à peine à la toucher du doigt.
R.S : Y a-t-il une différence de méthode entre la formation française et la formation russe du jeu d’acteur ?
M.P : Traditionnellement, on met en avant les émotions et le corps lorsqu’il s’agit des acteurs russes, tandis qu’on souligne chez les comédiens français une exceptionnelle maîtrise de la diction et une approche plus cérébrale qui devient émotion. Ce n’est pas faux, mais cela dépend également du parcours de l’artiste.
R.S : En quoi votre parcours multiculturel influence-t-il votre manière d’interpréter un personnage ?
M.P : Très sincèrement, je ne le sais pas exactement. Peut-être est-ce davantage lié à mon vécu, à la chance ou à la malchance d’avoir traversé des moments difficiles en Russie. En fait, cette double culture fait désormais tellement partie de moi que je ne sais plus toujours comment elle se répercute sur mon jeu.
R.S : A quel moment le doublage s’est-il imposé dans votre parcours de comédienne ?
M.P : Je jouais au Petit Montparnasse avec un formidable comédien, Gabriel Le Doze. Ceux qui le connaissent savent à quel point c’est une personne solidaire, toujours prête à aider. Gabriel m’a présentée à Philippe Carbonnier, de Dôme Productions, qui m’a prise sous son aile. J’ai commencé à travailler régulièrement avec lui. Ensuite, j’ai eu la chance de travailler avec d’autres directeurs artistiques que j’admirais beaucoup. Certains ont commencé à une époque où la technique ne pouvait pas les aider comme aujourd’hui. À la moindre erreur, il fallait tout recommencer.
R.S : Comment parvient-on à transmettre une émotion sincère tout en respectant les contraintes de synchronisation ?
M.P : En fait, j’essaie d’être au maximum dans les yeux du personnage, c’est très important pour moi. Après, il y a des doublages où c’est une telle évidence que l’on a l’impression d’être vraiment le personnage, d’être soi-même dans le plan, et parfois c’est plus laborieux. Personnellement, je trouve que le doublage enrichit énormément notre propre jeu d’acteur : on côtoie parfois des caractères qui n’ont rien à voir avec ce qu’on pourrait nous proposer en vrai.
R.S : Quels sont vos loisirs ?
M.P : J’écris. Je suis fière de vous annoncer que ma pièce "Federico, Fellini" a reçu le prix de la fondation "Slovo". Actuellement, je développe un scénario dont l’histoire se déroule en partie en Islande.
J’ai fait de la danse et j’aime me perfectionner régulièrement lors de stages de danse ou de théâtre physique. C’est un vrai plaisir.
R.S : Merci beaucoup Macha.
M.P : Merci beaucoup Reynald.
Interview de juin 2026

