RSDOUBLAGE
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Laurent-Henry David

• Genres :
Voix Adulte homme, Voix Senior homme
• Tonalité :
Medium
• Langues parlées :
Anglais avec accent américain, Espagnol
• Accents :
Allemand, Arabe, Asiatique, Créole, Espagnol, Russe
• Spécificités :
Chant

Doublage

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Formateur

Théâtre :
Conservatoire d'art dramatique de Paris XI et XX arrondissement
Cours Florent
Jean Périmony
Musique :
Clarinete - Conservatoire XI arrondissement
Doublage :
Le magasin, O'Bahamas, Rhinocéros, Titra, Dub-School

Théâtre

2006 "Le Misanthrope" de Molière - mise en scène de D. Joul
2002 "Le bourgeois gentilhomme" de Molière - mise en scène de D. Joul
1998 "Des souris et des hommes" de J. Steinbeck- mise en scène de F. Leboisselier
1995 "La cantatrice chauve" de E. Ionesco - mise en scène de S. Froissard
1991 "Jeu de massacre" de E. Ionesco - mise en scène de S. Froissard
1988 "Antigone" de J. Anouilh - mise en scène de S. Froissard

Interview

R.S : Bonjour Laurent-Henry. Comment est née votre envie de devenir comédien ? Y a-t-il eu un déclic particulier ?

L.H.D : Vers 8 ou 10 ans, je faisais des "spectacles de magie" à Noël devant la famille. Je préparais mon spectacle très méticuleusement et je le répétais durant des heures. J’adorais avoir un public, voir des yeux émerveillés, entendre des "oooh !", des "aaah !"... Et surtout des applaudissements (très complaisants, pour la plupart !). J’ai toujours aimé faire le guignol pour faire rire mes potes (et éventuellement séduire les filles...), faire des imitations, des bruitages... Je pense que j’étais déjà très "cabotin" à l’adolescence, mais je ne crois pas qu’il y ait eu de déclic particulier.

R.S : Vous avez été formé dans plusieurs écoles prestigieuses, notamment au Conservatoire d'art dramatique de Paris XI et XX, au Cours Florent et chez Jean Périmony. Qu'est-ce que chacune de ces formations vous a apporté ?

L.H.D : C’était très différent. J’ai acquis des bases "académiques" solides au conservatoire : la respiration, l’articulation, l’adresse, la projection, le placement... J’étais jeune et je trouvais ça un peu chiant, mais je me suis rendu compte assez vite que ces bases étaient importantes, un peu comme le solfège quand on fait ses gammes. Je ne suis pas resté longtemps au Cours Florent, par manque de moyens et, surtout, parce que je n’y ai jamais vraiment trouvé ma place. Pour ce qui concerne l’école Périmony, j’ai eu la chance d’y entrer directement en deuxième année (grâce au conservatoire), après une audition. J’y ai découvert un enseignement très ouvert et pluridisciplinaire : l’expression corporelle, la danse... J’aimais beaucoup la philosophie insufflée dans les cours : "Jouer ne s’apprend pas, c’est une attitude intérieure que nous pouvons épanouir ou retrouver."

R.S : Sur scène, vous avez joué aussi bien Molière que Ionesco ou Steinbeck. Quel univers d'auteur vous correspond le plus ?

L.H.D : Sans aucun doute Ionesco, d’abord pour sa "folie", mais aussi pour sa pertinence, son humour, son décalage et sa vision. Dans "Jeux de massacre", une réplique est restée gravée dans ma mémoire : "Trop de coïncidences nous ont fait abandonner la piste de la coïncidence. Les gens meurent au hasard." Cette pièce fonctionne par tableaux successifs et indépendants, dans lesquels les personnages n’ont pas de noms propres. Ionesco avait une vision très particulière de la mise en scène : il est même allé jusqu’à séparer la scène en deux pour jouer simultanément deux séquences.

R.S : Qu'est-ce qui vous procure le plus d'émotion : les répétitions, la première représentation ou la rencontre avec le public ?

L.H.D : La première représentation, d’abord parce qu’elle est l’aboutissement d’un long travail, et la rencontre avec le public parce qu’on se rend compte que chaque représentation est différente, voire unique, qu’elle suscite des réactions différentes et que notre jeu évolue au fil des représentations.

R.S : Comment êtes-vous arrivé dans l'univers du doublage ?

L.H.D : Assez tardivement. C’est une "branche" du métier de comédien qui m’était tout à fait étrangère, mais qui m’a toujours passionné et que j’ai toujours voulu explorer. Durant mon adolescence, je refaisais les doublages de certaines séries que j’avais enregistrées sur VHS ("Drôles de dames", "L’Homme qui valait trois milliards", "Starsky et Hutch"...) grâce à un magnétoscope qui avait une prise micro. Mais, des années plus tard, professionnellement, je ne savais pas comment aborder la chose. Alors j’ai suivi les conseils de comédiens qui étaient déjà "dans la place", comme Dominique Paturel, qui m’avait conseillé d’aller dans les studios de doublage et de frapper aux portes... Ce sont Martial Le Minoux et Brigitte Lecordier qui ont été les premiers à me permettre d’assister aux séances, d’apprendre, jour après jour, mois après mois, la technique si particulière de la bande rythmo, pour finir par m’en affranchir. Pour passer à la vitesse supérieure, j’avais réalisé une bande démo composée de voix de publicités que j’avais enregistrées, d’autres que j’avais inventées et de rôles imaginaires. Je l’ai envoyée à tous les studios de doublage et j’ai eu la chance d’être contacté par Yann Peira, qui m’a donné l’opportunité de faire mes premières ambiances et mes premiers petits rôles.

R.S : En doublage, comment parvenez-vous à faire passer une émotion sans le recours au regard ou au geste ?

L.H.D : Pour les gestes, détrompez-vous : ils sont très importants, voire essentiels, même en doublage ! Ils conditionnent la crédibilité du mouvement, qui doit être perceptible dans la voix. Je m’explique : quand le comédien, à l’image, marche, vous marchez (vous mimez la marche) ; quand il court, vous courez, sautez, gesticulez, etc.
Petite leçon d’anatomie : par exemple, quand le comédien à l’image s’assoit, la pression abdominale qui augmente au moment de l’assise vient appuyer sous le diaphragme, qui se retrouve poussé vers le haut de façon involontaire. Or le diaphragme est justement le moteur principal du souffle phonatoire : s’il est brusquement déplacé, le flux d’air qui alimente normalement les cordes vocales est perturbé, et tout cela doit se ressentir dans votre interprétation.
En revanche, pour ce qui est du regard, effectivement, comme nous sommes des "comédiens de l’ombre", l’émotion ne passe pas par notre regard. Mais le comédien de doublage doit saisir le regard, être "dans l’œil" du comédien à l’image, afin de discerner toutes les nuances de ses intentions et de ses émotions... pour mieux les restituer.

R.S : Quels sont vos loisirs ?

L.H.D : Le tir à l’arc, la photographie, la 3D, la musique, le chant, la cuisine... et la sieste !

R.S : Merci beaucoup Laurent-Henry.

L.H.D : Merci à vous Reynald pour votre travail.

Interview de juin 2026
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