Fabio Riche
Genres :
Voix Adolescent garçon, Voix Jeune adulte homme, Voix Adulte homme
Tonalité :
Medium
Langues parlées :
Anglais avec accent non déterminé
Doublage
Voix
Voice-over
Fernando 24h du Mans (Kazuki Nakajima)
Formation
Théâtre :
2025/2024 Workshop. Pascal Rambert
2018/2015 Conservatoire du VIIIe. Marc Ernotte, Agnès Adam, Nadia Vadori Gauthier, Luca Giacomoni
2014/2011 Les Ateliers du Sudden. Raymond Acquaviva, Philippe Rondest, Jeoffrey Bourdenet
Stages doublage :
2026 Perfectionnement (Titrafilm). Laura Préjean, Fabrice Josso, Thierry Wermuth, Raphaël Anciaux
2023 Stage de doublage (Le Magasin). Véronique Desmadryl, Constantin Pappas, Mathieu Ronceray, Jean Barney, Jonathan Dos Santos, Vincent Violette, Mark Lesser
2025/2024 Workshop. Pascal Rambert
2018/2015 Conservatoire du VIIIe. Marc Ernotte, Agnès Adam, Nadia Vadori Gauthier, Luca Giacomoni
2014/2011 Les Ateliers du Sudden. Raymond Acquaviva, Philippe Rondest, Jeoffrey Bourdenet
Stages doublage :
2026 Perfectionnement (Titrafilm). Laura Préjean, Fabrice Josso, Thierry Wermuth, Raphaël Anciaux
2023 Stage de doublage (Le Magasin). Véronique Desmadryl, Constantin Pappas, Mathieu Ronceray, Jean Barney, Jonathan Dos Santos, Vincent Violette, Mark Lesser
Chant
Baryton
Cinéma
2020 "Tout s'est bien passé" réalisé par François Ozon, dans le rôle du Vendeur boulanger
2019 "Tendre et saignant" réalisé par Christopher Thompson, dans le rôle de Fabio garçon boucher
2019 "Tendre et saignant" réalisé par Christopher Thompson, dans le rôle de Fabio garçon boucher
Danse
2018 "10 ans d'amour" mise en scène et chorégraphie de Nadia-Vadori Gauthier. Ensemble chorégraphique. Théâtre Sylvia Montfort
2016 "Jazz Dance" mise en scène et chorégraphie de Valérie Paillot. Théâtre du garde chasse
2016 "Jazz Dance" mise en scène et chorégraphie de Valérie Paillot. Théâtre du garde chasse
Langues
Anglais
Italien
Italien
Télévision
2024 "Emily in Paris" (série Netflix) réalisée par Darren Star, silhouette serveur bar de Gabriel
"Cat's Eyes" (série TF1 / Amazon Prime) réalisée par Alexandre Laurent, silhouette acheteur vente aux enchères
"Sauce" (série Apple tv+) réalisé par Martin Bourboulon, silhouette brigade de cuisine
"Cat's Eyes" (série TF1 / Amazon Prime) réalisée par Alexandre Laurent, silhouette acheteur vente aux enchères
"Sauce" (série Apple tv+) réalisé par Martin Bourboulon, silhouette brigade de cuisine
Théâtre
2026 "Roméo et Juliette" de W. Shakespeare - mise en scène de M. B. Kandinsky, dans le rôle du choeur - Frère Jean. Théâtre des Gémeaux Parisiens
2022 "Pluie fine" écriture et mise en scène Fabio Riche, dans le rôle de Costa. Théâtre Les Déchargeurs
2021 "Brûler son coeur au soleil" écriture et mise en scène Fabio Riche. Poésies. Théâtre Les Déchargeurs
2021 "La Victoire en chantant" (cabaret) mise en scène de Raymond Acquaviva, dans les rôles de Guillaume Appolinaire, Paul Eluard. Festival d'Avignon, Théâtre Notre-Dame, Théâtre 13 Jardin
2019 "Le 31 je ne suis jamais ivre" de Biljana Srbljanovic - mise en scène de Fabio Riche, dans les rôles de Kica Jovic, Daca. Théâtre El Duende, Théâtre Sel de Sèvres, Espace Beaujon, Théâtre La Ruche
2018 "La Mouette" d'Anton Tchekhov - mise en scène d'Agnès Adam, dans le rôle de Treplev. Conservatoire du VIIIe
2017 "Hedda Gabler" d'Henrik Ibsen - mise en scène d'Agnès Adam, dans le rôle de Jorgen Tesman. Conservatoire du VIIIe
2017 "L'origine du monde" de Calderon - mise en scène de Marc Ernotte. Nuit des musées, Petit Palais
2016 "Le Pays lointain" de Jean-Luc Lagarce - mise en scène de Marc Ernotte, dans le rôle d'Antoine. Conservatoire du VIIIe
2016 "La Ronde" d'Arthur Schnitzler - mise en scène de Pierre Notte, Nicolas Girard, dans le rôle du soldat Franz. Conservatoire du VIIIe
2016 "Pavillon E" de Nicolas Girard - mise en scène de Pierre Notte, Nicolas Girard, dans le rôle de Fabio. Théâtre du Rond Point
2015 "Les Boulingrin" de Georges Courteline - mise en scène de Raymond Acquaviva, dans le rôle des Rillettes. Théâtre des Béliers Parisiens
2014 "Merlin l'Enchanteur" (comédie musicale) mise en scène de Thomas de Montgolfier, dans le rôle du Roi Arthur. Théâtre du Riscochet
2014 "La Victoire en chantant" (cabaret) mise en scène de Raymond Acquaviva, dans le rôle de Guillaume Appolinaire, Paul Eluard. Théâtre des Béliers Parisiens, Opéra de Bastia
2022 "Pluie fine" écriture et mise en scène Fabio Riche, dans le rôle de Costa. Théâtre Les Déchargeurs
2021 "Brûler son coeur au soleil" écriture et mise en scène Fabio Riche. Poésies. Théâtre Les Déchargeurs
2021 "La Victoire en chantant" (cabaret) mise en scène de Raymond Acquaviva, dans les rôles de Guillaume Appolinaire, Paul Eluard. Festival d'Avignon, Théâtre Notre-Dame, Théâtre 13 Jardin
2019 "Le 31 je ne suis jamais ivre" de Biljana Srbljanovic - mise en scène de Fabio Riche, dans les rôles de Kica Jovic, Daca. Théâtre El Duende, Théâtre Sel de Sèvres, Espace Beaujon, Théâtre La Ruche
2018 "La Mouette" d'Anton Tchekhov - mise en scène d'Agnès Adam, dans le rôle de Treplev. Conservatoire du VIIIe
2017 "Hedda Gabler" d'Henrik Ibsen - mise en scène d'Agnès Adam, dans le rôle de Jorgen Tesman. Conservatoire du VIIIe
2017 "L'origine du monde" de Calderon - mise en scène de Marc Ernotte. Nuit des musées, Petit Palais
2016 "Le Pays lointain" de Jean-Luc Lagarce - mise en scène de Marc Ernotte, dans le rôle d'Antoine. Conservatoire du VIIIe
2016 "La Ronde" d'Arthur Schnitzler - mise en scène de Pierre Notte, Nicolas Girard, dans le rôle du soldat Franz. Conservatoire du VIIIe
2016 "Pavillon E" de Nicolas Girard - mise en scène de Pierre Notte, Nicolas Girard, dans le rôle de Fabio. Théâtre du Rond Point
2015 "Les Boulingrin" de Georges Courteline - mise en scène de Raymond Acquaviva, dans le rôle des Rillettes. Théâtre des Béliers Parisiens
2014 "Merlin l'Enchanteur" (comédie musicale) mise en scène de Thomas de Montgolfier, dans le rôle du Roi Arthur. Théâtre du Riscochet
2014 "La Victoire en chantant" (cabaret) mise en scène de Raymond Acquaviva, dans le rôle de Guillaume Appolinaire, Paul Eluard. Théâtre des Béliers Parisiens, Opéra de Bastia
Interview
R.S : Bonjour Fabio.
F.R : Salut Reynald.
R.S : Ton parcours commence très tôt au conservatoire et aux Ateliers du Sudden : qu’est-ce qui t’a donné envie de devenir comédien au départ ?
F.R : Tout part d’une rencontre... En 2010, j’ai eu la chance de pouvoir converser avec Donald Reignoux. Je voulais le rencontrer parce que j’admirais son travail et que j’étais passionné par le doublage. Il m’a alors gentiment proposé de venir voir la pièce de théâtre dans laquelle il jouait à ce moment-là afin de pouvoir le rencontrer après la représentation. On a parlé pendant au moins une bonne heure sans s’en rendre compte ! C’est pendant cette discussion que je lui ai fait part de ma passion et de mon désir de faire du doublage. Il m’a dit que, pour avoir la chance d’en faire, il fallait avant tout que je me forme en tant que comédien. Alors c’est ce que j’ai fait. Le monde des écoles de théâtre m’était inconnu. Des connaissances m’ont conseillé les Ateliers du Sudden. J’ai passé l’audition et j’ai été pris. C’est dans cette école que j’ai commencé ma formation. Après trois ans de cours, j’ai tenté le Conservatoire du 8e arrondissement de Paris, où j’ai pu poursuivre mon apprentissage. Ces écoles m’ont permis de jouer des pièces, de découvrir différents répertoires et l’esprit de troupe. Aujourd’hui, je ne me vois pas faire autre chose.
R.S : Tu as travaillé avec des pédagogues très différents, de Raymond Acquaviva à Pascal Rambert : qu’est-ce que chacun t’a apporté concrètement ?
F.R : Raymond Acquaviva est un maître, un très grand metteur en scène. Il a une réelle passion pour la transmission et une attention toute particulière aux comédiens et comédiennes qu’il dirige. Il m’a fait confiance et je crois que c’est l’un des principaux moteurs du lâcher-prise. Il m’a appris à me détacher du regard que je portais sur moi-même. C’est le premier qui m’a mis en scène : je lui dois beaucoup. Pascal Rambert a une approche très contemporaine, une immédiateté et une précision du mot sans égal. Son écriture nécessite un rythme de jeu effréné, nous poussant à avoir une grande disponibilité d’écoute. C’est un très grand auteur et metteur en scène.
R.S : Tu as interprété des rôles classiques comme Treplev dans La Mouette ou Tesman dans Hedda Gabler : est-ce que tu te sens particulièrement à l’aise dans le répertoire classique ?
F.R : Oui, j’adore ça ! Les rôles classiques sont énormément étudiés à l’école et sont souvent interprétés dans les scènes que l’on apprend pour les concours ou les représentations de fin d’année. Les œuvres classiques sont intergénérationnelles. Ces personnages sont des monuments à jouer, et se dire qu’avant nous, d’autres les ont joués depuis des centaines d’années est vertigineux. J’aime les personnages très nuancés, névrosés ou avec des peines de cœur : c’est ce qui nourrit leurs motivations. Treplev veut révolutionner son art, séduire Nina et impressionner sa mère par son talent, mais rien ne se passe comme il le souhaiterait et il sombre dans la déprime. Tesman est marié à Hedda et, malgré cette union, elle ne l’aime pas et ne l’aimera jamais. Lorsque j’ai travaillé ces personnages, on m’a dit de les ramener à moi, au moment présent, avec une mise en scène parfois dite "quotidienne" ou contemporaine, ce qui offrait la possibilité de projeter ces personnages de nos jours. Il est troublant de voir comme les pièces du passé résonnent encore très fortement avec l’actualité et le présent.
R.S : Tu es aussi auteur : qu’est-ce que l’écriture t’apporte que tu ne trouves pas dans le jeu ?
F.R : J’ai eu une approche de l’écriture grâce à Nadia Vadori-Gauthier, qui était ma professeure de danse au conservatoire. A la fin de chacun de ses cours, nous étions en petits groupes pour faire une séance d’écriture automatique que nous déclinions en poésies sonores. J’y ai pris beaucoup de plaisir : je découvrais une nouvelle liberté que je ne pensais pas pouvoir atteindre. L’écriture est le langage des rêves : on peut tout écrire, tout imaginer. Il suffit de voir combien de livres nous avons dans nos bibliothèques : ils traversent les époques et permettent de nous évader. C’est dans ce sens que j’essaie d’axer mon écriture : dans l’intemporel. J’aime écrire pour les gens : des chansons, des poèmes, des pièces, des scénarios. Ecrire ce que l’on ressent permet d’avoir une liberté plus intime, là où le jeu peut parfois être bridé par certaines contraintes techniques ou artificielles.
R.S : La rigueur du travail chorégraphique est très différente de celle du jeu d’acteur : qu’est-ce que la danse t’a appris concrètement sur ton corps et ta présence scénique ?
F.R : L’équilibre et la respiration. Le travail du corps est indispensable pour un acteur : savoir bien se tenir, avoir une posture... Il y a beaucoup de facteurs qui entrent en jeu lorsque nous sommes sur scène. Parfois, le texte est ancré dans la mémoire corporelle. C’est un travail en miroir qui s’opère. J’y ai appris mon rapport aux partenaires, ainsi que l’écoute.
R.S : Le doublage est un autre pan de ton métier : qu’est-ce qui t’a attiré vers cet univers ?
F.R : Je pense qu’à l’instar de la musique, j’associe le doublage à des souvenirs de ma vie. Beaucoup à l’enfance : des week-ends à regarder des séries sur Disney Channel ou des goûters devant Fox Kids, Cartoon Network... Mais je m’y suis vraiment intéressé lorsque je me suis rendu compte que les séries ou dessins animés que j’aimais avaient souvent les mêmes voix françaises. J’ai donc fait mes recherches et découvert l’existence de tous ces comédiens et comédiennes : Donald Reignoux, Kelly Marot, Dorothée Pousséo, Barbara Tissier, Laura Préjean, Claude Bertrand, Emmanuel Garijo, Richard Darbois, Roger Carel, et tant d’autres… C’était une révélation pour moi de pouvoir mettre des noms sur cet univers qui m’avait tant accompagné. Après ma rencontre avec Donald, j’ai pu le suivre pour assister à différents enregistrements. J’étais très impressionné et très timide, mais je savais que c’était ce que je voulais faire et que j’allais travailler pour y parvenir. J’aime l’immédiateté et l’exigence émotionnelle qu’implique le doublage. La possibilité de prêter sa voix à des rôles que l’on n’aurait jamais pu jouer ailleurs est une chance exceptionnelle ! À la base, j’ai fait du théâtre pour faire du doublage ; aujourd’hui, j’ai la chance de faire autant l’un que l’autre, et j’adore ça. Le doublage et le théâtre se complètent de manière indissociable.
R.S : Quels sont tes loisirs ?
F.R : J’essaie d’aller au moins une fois par semaine au théâtre. J’aime écouter de la city pop japonaise ou du funk des années 80, et je chine des vinyles de ce genre. J’ai aussi baigné dans l’univers des jeux vidéo, alors je ne dis jamais non à une petite partie... J’aime aller au cinéma, flâner dans les musées, pique-niquer dans les parcs... J’aime aussi regarder la F1, cuisiner et faire du crossfit. Bref, que des chouettes trucs.
R.S : Merci beaucoup Fabio.
F.R : Merci à toi Reynald !
Interview d'avril 2026
F.R : Salut Reynald.
R.S : Ton parcours commence très tôt au conservatoire et aux Ateliers du Sudden : qu’est-ce qui t’a donné envie de devenir comédien au départ ?
F.R : Tout part d’une rencontre... En 2010, j’ai eu la chance de pouvoir converser avec Donald Reignoux. Je voulais le rencontrer parce que j’admirais son travail et que j’étais passionné par le doublage. Il m’a alors gentiment proposé de venir voir la pièce de théâtre dans laquelle il jouait à ce moment-là afin de pouvoir le rencontrer après la représentation. On a parlé pendant au moins une bonne heure sans s’en rendre compte ! C’est pendant cette discussion que je lui ai fait part de ma passion et de mon désir de faire du doublage. Il m’a dit que, pour avoir la chance d’en faire, il fallait avant tout que je me forme en tant que comédien. Alors c’est ce que j’ai fait. Le monde des écoles de théâtre m’était inconnu. Des connaissances m’ont conseillé les Ateliers du Sudden. J’ai passé l’audition et j’ai été pris. C’est dans cette école que j’ai commencé ma formation. Après trois ans de cours, j’ai tenté le Conservatoire du 8e arrondissement de Paris, où j’ai pu poursuivre mon apprentissage. Ces écoles m’ont permis de jouer des pièces, de découvrir différents répertoires et l’esprit de troupe. Aujourd’hui, je ne me vois pas faire autre chose.
R.S : Tu as travaillé avec des pédagogues très différents, de Raymond Acquaviva à Pascal Rambert : qu’est-ce que chacun t’a apporté concrètement ?
F.R : Raymond Acquaviva est un maître, un très grand metteur en scène. Il a une réelle passion pour la transmission et une attention toute particulière aux comédiens et comédiennes qu’il dirige. Il m’a fait confiance et je crois que c’est l’un des principaux moteurs du lâcher-prise. Il m’a appris à me détacher du regard que je portais sur moi-même. C’est le premier qui m’a mis en scène : je lui dois beaucoup. Pascal Rambert a une approche très contemporaine, une immédiateté et une précision du mot sans égal. Son écriture nécessite un rythme de jeu effréné, nous poussant à avoir une grande disponibilité d’écoute. C’est un très grand auteur et metteur en scène.
R.S : Tu as interprété des rôles classiques comme Treplev dans La Mouette ou Tesman dans Hedda Gabler : est-ce que tu te sens particulièrement à l’aise dans le répertoire classique ?
F.R : Oui, j’adore ça ! Les rôles classiques sont énormément étudiés à l’école et sont souvent interprétés dans les scènes que l’on apprend pour les concours ou les représentations de fin d’année. Les œuvres classiques sont intergénérationnelles. Ces personnages sont des monuments à jouer, et se dire qu’avant nous, d’autres les ont joués depuis des centaines d’années est vertigineux. J’aime les personnages très nuancés, névrosés ou avec des peines de cœur : c’est ce qui nourrit leurs motivations. Treplev veut révolutionner son art, séduire Nina et impressionner sa mère par son talent, mais rien ne se passe comme il le souhaiterait et il sombre dans la déprime. Tesman est marié à Hedda et, malgré cette union, elle ne l’aime pas et ne l’aimera jamais. Lorsque j’ai travaillé ces personnages, on m’a dit de les ramener à moi, au moment présent, avec une mise en scène parfois dite "quotidienne" ou contemporaine, ce qui offrait la possibilité de projeter ces personnages de nos jours. Il est troublant de voir comme les pièces du passé résonnent encore très fortement avec l’actualité et le présent.
R.S : Tu es aussi auteur : qu’est-ce que l’écriture t’apporte que tu ne trouves pas dans le jeu ?
F.R : J’ai eu une approche de l’écriture grâce à Nadia Vadori-Gauthier, qui était ma professeure de danse au conservatoire. A la fin de chacun de ses cours, nous étions en petits groupes pour faire une séance d’écriture automatique que nous déclinions en poésies sonores. J’y ai pris beaucoup de plaisir : je découvrais une nouvelle liberté que je ne pensais pas pouvoir atteindre. L’écriture est le langage des rêves : on peut tout écrire, tout imaginer. Il suffit de voir combien de livres nous avons dans nos bibliothèques : ils traversent les époques et permettent de nous évader. C’est dans ce sens que j’essaie d’axer mon écriture : dans l’intemporel. J’aime écrire pour les gens : des chansons, des poèmes, des pièces, des scénarios. Ecrire ce que l’on ressent permet d’avoir une liberté plus intime, là où le jeu peut parfois être bridé par certaines contraintes techniques ou artificielles.
R.S : La rigueur du travail chorégraphique est très différente de celle du jeu d’acteur : qu’est-ce que la danse t’a appris concrètement sur ton corps et ta présence scénique ?
F.R : L’équilibre et la respiration. Le travail du corps est indispensable pour un acteur : savoir bien se tenir, avoir une posture... Il y a beaucoup de facteurs qui entrent en jeu lorsque nous sommes sur scène. Parfois, le texte est ancré dans la mémoire corporelle. C’est un travail en miroir qui s’opère. J’y ai appris mon rapport aux partenaires, ainsi que l’écoute.
R.S : Le doublage est un autre pan de ton métier : qu’est-ce qui t’a attiré vers cet univers ?
F.R : Je pense qu’à l’instar de la musique, j’associe le doublage à des souvenirs de ma vie. Beaucoup à l’enfance : des week-ends à regarder des séries sur Disney Channel ou des goûters devant Fox Kids, Cartoon Network... Mais je m’y suis vraiment intéressé lorsque je me suis rendu compte que les séries ou dessins animés que j’aimais avaient souvent les mêmes voix françaises. J’ai donc fait mes recherches et découvert l’existence de tous ces comédiens et comédiennes : Donald Reignoux, Kelly Marot, Dorothée Pousséo, Barbara Tissier, Laura Préjean, Claude Bertrand, Emmanuel Garijo, Richard Darbois, Roger Carel, et tant d’autres… C’était une révélation pour moi de pouvoir mettre des noms sur cet univers qui m’avait tant accompagné. Après ma rencontre avec Donald, j’ai pu le suivre pour assister à différents enregistrements. J’étais très impressionné et très timide, mais je savais que c’était ce que je voulais faire et que j’allais travailler pour y parvenir. J’aime l’immédiateté et l’exigence émotionnelle qu’implique le doublage. La possibilité de prêter sa voix à des rôles que l’on n’aurait jamais pu jouer ailleurs est une chance exceptionnelle ! À la base, j’ai fait du théâtre pour faire du doublage ; aujourd’hui, j’ai la chance de faire autant l’un que l’autre, et j’adore ça. Le doublage et le théâtre se complètent de manière indissociable.
R.S : Quels sont tes loisirs ?
F.R : J’essaie d’aller au moins une fois par semaine au théâtre. J’aime écouter de la city pop japonaise ou du funk des années 80, et je chine des vinyles de ce genre. J’ai aussi baigné dans l’univers des jeux vidéo, alors je ne dis jamais non à une petite partie... J’aime aller au cinéma, flâner dans les musées, pique-niquer dans les parcs... J’aime aussi regarder la F1, cuisiner et faire du crossfit. Bref, que des chouettes trucs.
R.S : Merci beaucoup Fabio.
F.R : Merci à toi Reynald !
Interview d'avril 2026


