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Arnauld Le Ridant

• Genres :
Voix Adolescent garçon, Voix Jeune adulte homme, Voix Adulte homme, Voix Senior homme
• Tonalité :
Medium, Grave
• Langues parlées :
Allemand, Anglais avec accent américain, Anglais avec accent britannique
• Accents :
Allemand, Anglais, Espagnol, Italien
• Spécificités :
Chant

Doublage

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Aelstrom
jeu vidéo
2024

Voix

Documentaire
Arte
Livre audio
Hardigan

Formation

2006/2008 CRR de Nantes
2008/2010 Cours Florent

Chant

Baryton-basse

Cinéma

2025 "L'Ensorcelée" réalisé par Jean-Marc Culiersi : rôle de Thomas Le Hardouey

Langues

Français, anglais, notions d'allemand

Théâtre

2016/2018 Comédien-Chanteur au Puy du Fou
2012/2015 Comédien au Manoir de Paris
2014 "A l'Imparfait du Conditionnel" d'Hélène Schweitzer : rôle de Paul
2007/2020 Comédien dans la Cie De Cour à Jardin, à Nantes. Rôles joués :
Mascarille, "Les Précieuses Ridicules" de Molière
Argante, "Les Fourberies de Scapin" de Molière
Petruchio, "La Mégère Apprivoisée" de Shakespeare
Le Comte Almaviva, "Le Mariage de Figaro" de Beaumarchais
2024 "Le Ménage à Troie n'aura pas lieu" création collective, festival d'Avignon : rôles d'Agamemnon et Crésus

Interview

R.S : Bonjour Arnauld.

A.L.R : Bonjour Reynald, et merci pour ton chaleureux accueil !

R.S : Ton parcours passe par le CRR de Nantes puis le Cours Florent : qu’est-ce que chacune de ces formations t’a apporté de différent ?

A.L.R : Le CRR de Nantes m'a appris les bases. Je faisais du théâtre en amateur depuis le lycée, mais au CRR, j'ai été confronté à la rigueur des alexandrins, à la précision de l'interprétation, au souci du parler juste. Il m'a également permis de toucher à plusieurs disciplines, comme le mime et le jeu masqué (commedia dell’arte). Ce dernier m'a d'ailleurs montré une autre manière d'interpréter, par le corps et la voix, puisque le visage est inaccessible.
Et ensuite, au Cours Florent, notamment grâce à trois excellentes professeures, j'ai appris à lâcher prise et à aller plus loin que la théorie. J'y ai exploré ma palette de comédien et commencé à me constituer une boîte à outils dans laquelle je pioche ce qui m'est nécessaire sur le moment. De ces différentes expériences, j'ai gardé un côté "couteau suisse" qui me rend bien service.

R.S : Tu as joué les grands rôles du répertoire classique (Molière, Shakespeare, Beaumarchais) : qu’est-ce qui t’attire dans ces textes-là ?

A.L.R : J'ai toujours été attiré par les textes classiques. Cela vient, je pense, de ma première expérience de théâtre en tant que spectateur. Je devais avoir une douzaine d'années, et mes parents m'ont emmené voir Le Marchand de Venise de Shakespeare à Nantes. Une scénographie incroyable, avec une scène en partie inondée, et un texte magnifique. Ça a dû me marquer.
Ensuite, l'opportunité s'est présentée d'intégrer une compagnie nantaise qui avait pour vocation de faire découvrir le théâtre classique aux scolaires. On jouait en costumes d'époque, dans un décor complet construit par nos soins, mais avec la volonté de ne pas se prendre au sérieux. Et je crois que c'est ça qui m'amuse avec ces textes : faire résonner des mots plusieurs fois centenaires avec une énergie actuelle, sans les sacraliser ni les trahir. La liberté du Jeu dans la contrainte du Verbe.

R.S : Est-ce que le rapport au public change quand on joue dans un lieu immersif ou atypique ?

A.L.R : Absolument ! Et c'est très formateur. J'ai travaillé pendant trois ans au Manoir de Paris, qui était une maison hantée sous forme de parcours immersif avec comédiens. On jouait souvent pendant quatre à cinq heures sans s'arrêter, avec un groupe toutes les deux minutes. Et on changeait très souvent de rôle d'un jour sur l'autre.
Cela m'a appris, d'une part, à composer très vite un personnage, à entrer tout aussi vite dans le jeu, et surtout à conserver tout ça sur la longueur. Et qui dit immersif dit aussi participatif. Avoir un public qui répond et qui interagit en permanence, ça apprend à être concentré, réactif et à improviser en restant dans les clous du personnage. Et ça enseigne également le lâcher-prise. On ne prend plus les choses personnellement, on reste stoïque face à un public difficile et on apprend à dédramatiser l'échec.

R.S : Tu fais également du doublage : qu’est-ce qui te plaît dans le fait de jouer uniquement avec la voix ?

A.L.R : J'y retrouve un amusement comparable à nos jeux d'enfants, lorsque l'on faisait parler nos jouets. Il s'agit de transférer le jeu, l'interprétation, sur un visage et un corps qui ne sont pas les nôtres. C'est assez grisant ! Sans compter que cela nous permet d'avoir accès à des rôles dont on ne peut que rêver. Travailler l'interprétation avec le seul vecteur de la voix est aussi un retour à l'essentiel. Il y a quelque chose d'intime, un travail d’orfèvre qui me plaît beaucoup.

R.S : Le doublage demande une grande précision émotionnelle : trouves-tu ça plus contraignant ou plus libérateur que la scène ?

A.L.R : Les deux, mon capitaine, haha. La scène a ce pouvoir extraordinaire de nous faire entendre le public. On le ressent, on le perçoit, on s'appuie sur ses rires, on joue avec son silence lorsqu'il retient son souffle. On est maître du temps. Mais c'est le lieu de l'éphémère. Si on rate le coche, on ne peut pas y revenir.
En doublage, la liberté se trouve dans le fait qu'on peut se tromper, recommencer, décortiquer, être d'une précision chirurgicale, mais avec la contrainte de la bande-rythmo et de ce que le comédien original propose. Je dirais donc que les deux exercices sont complémentaires et libérateurs à leur manière.

R.S : Si tu devais résumer ton rapport au jeu et à la scène en une seule phrase, quelle serait-elle ?

A.L.R : Trouver la liberté dans la contrainte, et surtout s'amuser, encore et toujours.

R.S : Quels sont tes loisirs ?

A.L.R : Je suis un gros geek, haha. J'aime beaucoup les jeux vidéo et les jeux de société. Je trouve que ça développe un imaginaire sans limite, qui est précieux pour le métier que l'on fait. Et puis rester connecté à cet enfant intérieur qui ne veut surtout pas se prendre au sérieux, c'est ce qui m'aide à m'épanouir dans ma vie de grande personne.
Je pratique également le sabre coréen, un art martial qui, comme son nom l'indique, nous enseigne à manier l'équivalent d'un katana. J'y trouve un sens de la discipline et de l'intention qui, eux aussi, me servent tous les jours dans mon métier. La contrainte et la liberté, toujours ;)

R.S : Merci beaucoup, Arnauld.

A.L.R : Merci à toi ! Je suis plus que ravi de rejoindre cette grande famille. Merci pour ton accueil et ton travail.

Interview de février 2026
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